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BrÈve histoire du chÂteau de Bussy-Rabutin |
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Le village de Bussy, dont le nom vient de *buxetum et désigne un lieu planté de buis ou de broussailles, est mentionné au XIIe siècle. La belle église romane du bourg date de cette époque et atteste d’une population importante. Bussy-le-Grand, appelé un temps Bussy-les-Forges, dépendait du bailliage de la Montagne et de l’évêché d’Autun. Le château est situé dans un des quatre hameaux de la commune, autrefois nommé Rue de Savoigny.
Le château de Bussy s'élève sans doute sur une ancienne place forte qui surveillait le passage entre les deux principales routes de Paris à Dijon, l'une par Sens, l'autre par Troyes. De cette place forte, nous ne savons rien. Son emplacement a été curieusement choisi à flanc de colline mais sur un affleurement rocheux encore visible dans les douves et où des sources garantissaient une bonne alimentation en eau. Les archives mentionnent des seigneurs de Bussy dès le XIIe siècle. Agnès, fille de Mathieu de Chaussin, épouse à la fin du XIIIe siècle Jean de Châtillon l'un des plus riches représentants de la noblesse nivernaise. Un siècle plus tard, une autre Agnès, par son mariage, fait passer la seigneurie des Châtillon dans la célèbre maison de Rochefort. En 1348, les textes mentionnent un « manoir séant sur la rivière » qui fut peut-être reconstruit pendant la guerre de Cent Ans par Antoine de Rochefort. C'est alors une forteresse formant quadrilatère irrégulier cantonné de tours rondes. Après la mort de Charles le Téméraire en 1477, dernier duc Valois de Bourgogne, les Rochefort servent loyalement les rois de France. Le plus connu d'entre eux, Jean de Rochefort, surnommé Chandio, est chargé par Charles VIII, lors de l'éphémère conquête du royaume de Naples, d'en ramener des artistes pour décorer le château d’Amboise. Sa mort, vers 1504, l’empêche probablement d’être l'auteur de la transformation de la vieille forteresse de Bussy. Elle doit être l’œuvre de son petit-fils Antoine de Chandio qui avait lui-même combattu en Italie aux côtés de Bayard. Proche de François Ier, il souhaite, comme les plus grands seigneurs de la Cour, reconstruire sa demeure à l'italienne. Entre 1515 et 1535 probablement, il décide de détruire la partie orientale de l'enceinte pour ouvrir la cour sur le parc et fait plaquer contre les courtines les deux portiques surmontés d'une galerie fermée. De même transforme-t-il deux des tours, l'une en chapelle éclairée de trois baies, avec tribune seigneuriale au premier étage, l'autre en logis habitable. Les Rabutin à Bussy La succession du dernier des Chandio de Bussy était si compliquée que les héritiers et les créanciers décident de mettre en vente le domaine en 1600. François de Rabutin en obtient la propriété en 1602 pour 12300 écus. Baron de Vaux, de Forléans et d’Épiry, seigneur d'autres lieux, le grand-père de Roger de Bussy-Rabutin pouvait accroître son patrimoine foncier grâce à une fortune sensiblement accrue par son mariage avec Nicole de Saint-Belin en 1570, puis avec Elie Damas, fille de Léonor de Thianges, en 1585. En 1604, le château de Bussy est décrit comme « un donjon flanqué de quatre tours, le tout environné de fossés remplis d'eau » avec des dépendances dont certaines nous sont parvenues peu modifiées comme le colombier. Il est probable que François de Rabutin fait des travaux d’urgence puisque les bâtiments étaient, déjà en 1600, « sur le point de tomber en ruine si on n’y remédiait promptement ». On peut notamment considérer comme vraisemblable, avec l'analyse du style de l’architecture du logis principal, que François de Rabutin en entreprend la reconstruction avant sa mort, en 1618. Son fils aîné, Léonor, la poursuit. Léonor de Rabutin, né en 1587, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi à 22 ans, fait une honorable carrière militaire. Familier du duc de Bellegarde, gouverneur de Bourgogne, et proche de Gaston d’Orléans, il obtient en 1634 l'importante charge de Lieutenant général du roi en Nivernais. Il épouse Diane de Cugnac dont il a cinq fils. Léonor meurt à la fin de l’année 1644, laissant à sa veuve le soin d'achever le château. Ce qui est fait en 1649 comme l'atteste une inscription sur l’avant-corps. En dehors des campagnes militaires, Roger de Bussy-Rabutin, seul fils survivant de Léonor et de Diane de Cugnac, réside plutôt à Paris, mais on le trouve périodiquement à Bussy. En 1659 une décision royale le contraint à demeurer exilé plusieurs mois dans sa maison de Bourgogne. Il y commence la décoration intérieure. S'il a donc peu de part dans la construction du château, Bussy est le commanditaire des principaux aménagements et du décor qu’il poursuivra après un nouvel exil en 1666.
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Bussy après Bussy À la mort de Roger de Bussy-Rabutin, son fils Amé-Nicolas hérite du château. Il poursuit sans doute les travaux engagés par son père. Il disparaît sans postérité en 1719. Son frère, Michel-Celse, évêque de Luçon, et sa sœur Marie-Thérèse, veuve du marquis de Montataire, vendent la seigneurie et les terres de Bussy. Elles sont acquises en 1733 par un conseiller au Parlement de Bourgogne, Étienne Dagonneau de Marcilly dont le mariage avec Geneviève-Alexis de Salins avait considérablement augmenté la fortune. Étienne Dagonneau meurt en 1738, mais sa veuve poursuit son œuvre avec acharnement. Elle restaure le château, refait les douves et les ponts qui donnent accès à la cour d'honneur et au jardin de 1747 à 1752. Elle remet en état l'exploitation agricole. Elle aménage le parc de trente-quatre hectares y faisant tracer des allées et replanter des arbres. Mais surtout, elle s'emploie à rendre plus agréables les alentours immédiats de l’édifice. C'est à son initiative que l'on doit le parterre fleuri sur la terrasse, le bassin avec son jet d'eau, le canal en contrebas, de nouveaux jardins et vergers. Heureusement, Geneviève-Alexis Dagonneau conserve intact le décor de Bussy-Rabutin. Son œuvre considérable, jusqu'ici méconnue, faillit disparaître dans la tourmente révolutionnaire L’État propriétaire du domaine mis sous séquestre comme bien d'émigré le laisse aux créanciers de l’héritier de Mme Dagonneau. En 1818, l'ensemble échoit à Jacques Dorneau qui s'était enrichi par la vente des biens nationaux. Il lui revient le mérite d'avoir commencé à rétablir le décor du château en rachetant nombre de portraits dispersés. Il fait restaurer l’édifice et le parc qu'il entoure d'un mur élevé. À sa mort, en 1835, la terre de Bussy est vendue à Jean-Baptiste-César de Sarcus. Pris d'un véritable engouement pour le personnage de Bussy-Rabutin, le comte de Sarcus s'attache à rendre tout son lustre à la demeure seigneuriale. Il fait à son tour restaurer les portraits et les allégories, repeindre les inscriptions et les devises, compléter les collections en achetant sans cesse des tableaux de qualité pour mieux restituer la chambre dite de Sévigné, le salon doré et la galerie occidentale. Il s'aménage un appartement personnel dans l'aile droite de Bussy. Récemment restaurées, les pièces du XIXe siècle sont partiellement ouvertes à la visite. Elles permettent d'imaginer la vie quotidienne dans un château provincial au temps de Louis-Philippe et de Napoléon III. Le cas est rare où, dans une même demeure et dans la plus grande authenticité, on peut franchir deux siècles en traversant un simple palier. |
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![]() Armes de Sarcus |
À l'extérieur, le comte de Sarcus fait reconstruire l'aile orientale qui menace ruine. Il y remplace les armoiries des Rabutin, martelées à la Révolution, par celles de sa famille et dispose deux hauts-reliefs dans les cadres laissés vides à l'extrémité des galeries. Pour le parc, agrémenté de nouvelles sculptures dont l'une est la copie de L'enlèvement de Proserpine de Bouchardon, il redessine le parterre et consolide la terrasse. L'intérêt du comte de Sarcus pour Bussy-Rabutin le conduit à faire des recherches sur le personnage, sa famille et le château. Il publie une précieuse monographie du monument en 1854. Le château, qui avait été classé parmi les monuments historiques dès 1900, finit par être acheté par l'État en 1929. |
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Remerciements : |
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