LES DEVISES CONTRE MME DE MONTGLAS

Bussy-Rabutin écrit à Mlle d’Armentières en octobre 1667 : « Je vous envoie six devises que j’ai fait peindre dans un salon, qui vous réjouiront […] Ces devises ne sont pas dans les règles car il ne doit point y avoir de figures humaines ; mais comme les monstres y peuvent entrer, il n’y a qu’à les regarder sous cette idée. » Le monstre dont il s’agit est Mme de Montglas, la maîtresse dont il est tombé amoureux en 1653. Il a raconté leur rencontre dans l’Histoire amoureuse des Gaules. Elle l’a abandonné lors de son emprisonnement à La Bastille, ce qui l’a profondément blessé : « L’infidèle ne s’est pas bien cachée ; mais je ne cacherai pas aussi sa perfidie. J’en ai failli mourir ; aujourd’hui je ne veux plus que rire… ».

 

En 1781, ces six emblèmes étaient dans la grande antichambre, mais il est possible que leur place primitive était dans un cabinet de devises entre la chambre et le salon de la tour dorée. Ils ont été repeints et modifiés au XIXe siècle, notamment pour renforcer l’identification à Mme de Montglas. Aujourd’hui, on en trouve quatre dans la salle dite “des devises”, présentés ainsi par Bussy :


« Un croissant, dans lequel est le visage de l’infidèle, avec ce mot : Haec ut illa (L’une comme l’autre) »

     

« Une sirène avec le visage de l’infidèle et le mot : Allicit ut perdat (Elle attire pour perdre) »

 

Devise relevée par Baubot en 1781

     

« Un arc-en-ciel et le mot : Minus Iris quam mea.
(Moins Iris que la mienne) »

On reconnaît le château de Bussy dans les arbres. C’est sous le nom d’Iris que Bussy avait chanté sa maîtresse. C’est aussi le nom de l’arc-en-ciel dont les couleurs sont changeantes.

     
     

« Une hirondelle, avec le visage de l’infidèle et le mot : Fugit hyemes.
(Elle fuit le mauvais temps) »
Les souscriptions en français de ces quatre devises ont disparu.

 

Devise relevée par Baubot en 1781

 

Et deux dans la grande antichambre dite “salon des hommes de guerre” :

 

« Une fortune, avec le même visage et le mot : Leves ambo, ambo ingratae. changeantes toutes deux et toutes deux ingrates. »

 

Devise relevée par Baubot en 1781


Cette devise permet d’identifier sans erreur Mme de Montglas puisqu’elle est représentée comme dans son portrait en Diane Chasseresse conservé à Cheverny et qu’on reconnaît en arrière-plan le château de sa famille.

     

« Une balance, dont le côté où il n’y a rien emporte celui où est le buste de l’infidèle et le mot : Levior aura. Plus légère que le vent. »