Le premier niveau du salon doré est décoré de pilastres ioniques en faux marbre qui entourent des sujets mythologiques, tirés principalement des Métamorphoses d’Ovide, accompagnés de vers de mirliton de caractère galant. Nous ne savons pas quelle part Bussy a prise à sa réalisation. À l’occasion d’une campagne de restauration, on a découvert qu’il existait des peintures originales audacieuses sous des repeints pudiques du XIXe siècle.
-
1 – Pigmalion
Tout le monde en amour est tous les
jours duppé
Les femmes nous en font accroire
Si vous voulés aimer et n’estre point
trompé
Aimés une femme d’yvoire.
-
2 – Cheutte de Phaëton
La honte, le regret, la mort, l’adversité
Sont l’ordinaire prix de la témérité.
-
3 – Enlèvement d’Europe
Les femmes font mille façons
Pour duper les pauvres garçons
Les garçons feignent mille flames
Pour attraper les pauvres femmes
-
4 – Orphée
Ces bestes sont témoins aussi bien
que ces bois
Que tout cède aux douceurs du luth
et de la voix
- 6 – Cephale et Procris
Esprouver si sa femme a le cœur prétieux
C’est estre impertinent autant que curieux
Un peu d’obscurité vaut, en cette matière,
Mille fois mieux que la lumière
On a pu reconnaître Mme de Montglas sous les traits de Procris et Bussy en Céphale.
|
 |
La cheminée est masquée par des panneaux de boiserie sur lesquels figurent deux travaux d’Hercule : Acheloüs et Cacon(1).
Sur les portes d’un placard sont peints deux autres travaux :
Les Centores, avec l’inscription :
Suam habet fortuna rationem. (La fortune a sa raison)
Audaces fortuna juvat. (La fortune aide les audacieux)
Les lions de Nemée :
Super nos fortuna negotium curat. (La fortune nous domine)
Invitum fortuna fovet. (La fortune nous favorise malgré nous)
(1)Cacus
|