Maximes d’amour

Dans les embrasures des fenêtres du salon de la tour dorée, des amours portent une couronne de marquis et les chiffres mêlés de Bussy et de Mme de Montglas. D’autres s’enlacent à des banderoles portant des inscriptions en latin, du côté gauche, et leur interprétation en français, du côté droit. On peut y reconnaître des vers d’Ovide. Les textes français renvoient aux Maximes d’amour que Bussy aimait composer et qui réjouissaient la cour. Monsieur, frère du Roi, en fit lire à Louis XIV.

Amantium irae amoris redintegratio est – Cui peccare licet peccat minus.
Pinguis amor nimium que potens in taedia nobis vertitur.
Les noises des amants augmentent leur amour – Le pouvoir de mal faire en ôte le désir.
Admirez la nature humaine
Elle se lasse du plaisir
S’il ne lui couste de la peine.

Ut ameris ama – Non bene si tollas praelia durat amor.
Casta est quam nemo rogavit.
Aymés et vous serés aymé – L’amour languit sans jalousie.
Savez-vous bien comment elle a gardé son cœur
C’est qu’on n’a pas tasché de s’en rendre vainqueur.

Crede mihi res est ingeniosa dare – Lacrymae pondera vocis habent.
Et Phoebo fueris si pulchrior, omine fausto
Nigenitus, Veneris captabis praemia nunquam.
Qui donne est le maître des cœurs – Les larmes en amour valent bien les paroles.
Fussiez-vous beau comme l’astre du jour
Assurez-vous, si l’étoile vous manque
Que vous serez malheureux en amour.

Dulce in amore mori – Non satis in amore si non minis.
… Odit inertes
Mars et Amor.
Il est doux de vivre (sic) en aimant – Si l’on n’aime pas trop, on n’aime pas assez.
Comme à la guerre, en amour
Il faut veiller nuit et jour.