
Il fut d'abord premier capitaine au régiment d'infanterie de son père par commission du 6 août 1633. Il était au siège de la Mothe en 1634 ; à la prise du château de Moyen-Vic, de Charmes, de Neufchâteau en 1635 ; à la défaite de Coloredo en mars 1636, à la prise de Pesmes, du château de Balançon, au siège de Dole levé le 15 août, au siège de Roye, à la prise de Corbie.
Au siège de Landrecies, de Maubeuge en 1637. Mestre de camp d'un régiment d'infanterie, sur la démission de son père, par commission du 12 mars 1638, il demeura en garnison à Guise pendant la campagne.
Il était au siège de Thionville, au combat qui se donna devant cette place en 1639 ; au siège d'Arras en 1640 ; de Lens, de Bapaume en 1641. Son régiment fut réduit à quatre compagnies franches. Il quitta le service.
Lieutenant de la compagnie des Chevau-légers du prince de Condé, à la mort de Mauvilly, par brevet du 15 août 1644.
Lieutenant général au gouvernement du Nivernais à la mort de son père, par provisions données à Paris le 8 mars 1645. Il prêta serment le 23, fit enregistrer ses provisions au Parlement de Paris le 8 avril. Il joignit l'armée d'Allemagne au mois d'août, servit au siège d'Hailbron.
Il prit possession de la charge de lieutenant général en Nivernais le 18 février 1646. Il joignit l'armée de Flandre, servit sous les ordres du duc d'Enghien, à la prise du château de Lannoy, de Courtray, de Bergues, de Mardyck. À une sortie qui se fit pendant ce siège, il repoussa les ennemis jusqu'à la tranchée, eut un cheval tué sous lui. Il marcha ensuite à la prise de Furnes, au siège et à la prise de Dunkerque. Au siège de Lérida en 1647. Au siège et à la prise d'Ypres en 1648, il en porta la nouvelle au roi. À l'attaque de Charenton, au siège de Condé en 1649.
Attaché au service de M. le prince de Condé en 1650, il s'enferma dans Montrond pour le défendre. Mécontent du Prince, il se démit de la lieutenance de sa compagnie de Chevau-légers au mois de février 1651, rentra dans son devoir. Il obtint le grade de maréchal de camp par brevet du 18 octobre, eut un ordre pour commander en cette qualité dans le Nivernais les troupes qui y passeraient ou y séjourneraient. Cet ordre est du 19. Il s'empara dans le même mois des châteaux de Rosemont et de la Ferté-Chauderon. Il leva par commission du 12 février 1652 un régiment de cavalerie (le régiment du mestre de camp général), un régiment d'infanterie par une autre commission du 6 mars. Il concourut, la même année avec le comte de Palluau à la prise de Montrond. Il fit passer à l'armée du roi cinquante-deux mille rations de pain et quarante mille de fourrage qu'il tira des villes de Nevers et de la Charité.
Il s'attacha au cardinal Mazarin, servit aux sièges de Château-Porcien et de Vervins au mois de Janvier 1653. Mestre de camp de la cavalerie sur la démission du maréchal de Clérembaut, par provisions du 31 août, il joignit au mois d'octobre l'armée commandée par le maréchal de Turenne qui observait les ennemis pendant le siège de Sainte-Menehould.
Lieutenant général des armées du roi, par pouvoir du 4 mai 1654. Employé en Catalogne sous M. le prince de Conty, il s'empara d'un pont barricadé en trois endroits, investit Villefranche, contribua à la prise de cette place, prit le château de Livia, marcha au ravitaillement de Roseo, au siège et à la prise de Puicerda.
Employé à l'armée de Flandre en 1655, il conduisit un convoi considérable de munitions de guerre et de bouche au Quesnoy. Il servit aux sièges de Landrecies, de Condé, pendant lequel il fut battu à un fourrage ; de Saint-Guilain, de Valenciennes en 1656. À l'attaque des lignes où les Français furent forcés, il commanda l'arrière-garde. Son régiment d'infanterie fut incorporé dans le régiment de la Fère le 29 juillet. Il se démit de la lieutenance générale du Nivernais.
Il se trouva en 1657 au siège de Cambrai que le prince de Condé fit lever, au siège de Saint-Venant, au secours d'Ardres, aux sièges de la Mothe, aux bois de Mardyck.
En 1658 au siège de Dunkerque, à la bataille des Dunes où il fit un régiment prisonnier de guerre. Il investit Bergues, se trouva à la prise de cette place. Dixmude se rendit à lui. Il marcha ensuite au siège et à la prise de Gravelines. Une partie de plaisir le fit exiler le 29 juillet 1659. Il marcha au siège de Marsal en 1663. On le reçut à l'Académie au mois de mars 1665. Ses écrits le firent mettre à la Bastille le 17 avril suivant. Il se démit de sa charge de mestre de camp général de la cavalerie le 5 décembre de la même année. Mis en liberté le 17 mai 1666, il ne servit plus.

Extraits de la Chronologie historique militaire (tome quatrième contenant les lieutenants généraux des armées du roi depuis la création de cette charge en 1621 jusqu'au règne de Louis XV en 1715) par Pinard, commis au Bureau de la guerre, publiée à Paris, chez Claude Hérissant en 1761. |